Commander d’aimer ?
Alors qu’elle passait ses vacances chez ses grands-parents, Lucy raconta un jour avec enthousiasme à ses frères et sœurs qu’elle avait découvert un monde merveilleux au fond d’une vieille armoire. Son frère Edmond se moquait d’elle. Un jour pourtant, il la suivit dans l’armoire et entra avec elle dans ce pays mystérieux. Il vit de ses propres yeux que sa sœur disait vrai. Mais une fois revenu, il nia tout devant Peter et Susan et laissa Lucy passer pour une menteuse. Plus tard, lorsque tous les enfants arrivèrent ensemble à Narnia, la vérité éclata. Peter et Susan prirent la défense de leur sœur et reprochèrent sévèrement à Edmond son attitude. Pourtant, il refusa de reconnaître sa faute et de demander pardon.
Peut-être reconnaissez-vous le début d’un épisode très connu des Chroniques de Narnia. Voilà qu’Edmond se retrouve face à sa faute. Tout le monde voit qu’il a menti et blessé sa sœur. On peut exiger de lui des excuses, mais jamais un véritable pardon. D’ailleurs, Edmond n’y parviendra pas tout de suite, attiré par les loukoums de la sorcière. C’est grâce à sa rencontre avec Aslan qu’il pourra vivre une véritable démarche de réconciliation.
Aujourd’hui, dans l’Évangile, Jésus nous rappelle le double commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain. Mais comment peut-on commander à quelqu’un d’aimer ? Très souvent, nous encourageons les enfants à demander pardon lorsqu’ils font une bêtise ou blessent quelqu’un. Mais lorsqu’un parent dit à un enfant : « Demande pardon à ton frère », que cherche-t-il à obtenir ? Un mot prononcé du bout des lèvres, un acte de justice, ou un véritable mouvement du cœur ? Il en est de même lorsque Jésus commande d’aimer. En réalité, il ne nous oblige pas à aimer, car Dieu ne force jamais. Il nous invite à entreprendre un chemin. En nous encourageant à poser des actes d’amour, Jésus sait que ces actes peuvent peu à peu transformer notre cœur. Alors, chers amis, à la suite de sainte Thérèse, posons chaque jour de petits actes d’amour, sûrs que Dieu s’en servira pour, peu à peu, embraser notre cœur du feu de son amour.
P. Alexandre


